Comment nettoyer un billet d’hameçonnage (ou néfaste) dans Google

La noyade pour résoudre l'hameçonnageUn client, Conseil juridique, a subi une usurpation de son identité sur le Web. Un quidam, usant de son nom et prétextant de la qualité de notaire, a tenté d’escroquer des internautes en postant des billets d’hameçonnage sur les réseaux sociaux et sur certains forums.

Cette pratique, l’hameçonnage (phishing en anglais), est courante sur le Web. Elle consiste à envoyer un e-mail à une personne en lui demandant ses informations personnelles contre le bénéfice d’une récompense. Les plus audacieux d’entre eux demandent de l’argent avant de remettre le « colis ».

Ce n’est pas toujours facile de s’en protéger car ces ingénieux arnaqueurs brouillent les pistes pour les internautes moins avertis.

Pour ne pas tomber dans les mailles de ce type d’hameçonnage, il faut éviter de donner suite à de telles accroches. Ne pas répondre par sms ou par e-mail à un destinateur d’un message dont vous ignorez tout, ou, téléphoner, en cas de doute, à des personnes ressources de confiance  pour s’assurer de la fiabilité d’une information devraient permettre de se protéger un tant soit peu de cette escroquerie.

A coté de cela, il faut éviter de cliquer sur des liens à l’intérieur des e-mails douteux et de donner ses informations personnelles sur des sites suspects. Bref !

Notre ami, le Conseil juridique, s’étant rendu compte de l’usurpation de son nom sur le Web, nous a sollicités pour « nettoyer » les messages postés par l’escroc et qui apparaissaient dans les résultats naturels de Google sur les requêtes en rapport avec son nom.

Comment avons-nous procéder pour nettoyer les messages d’hameçonnage

Plusieurs techniques sont utilisées par les agences Web pour résoudre ce type de problème, mais, la technique la plus pertinente, en dehors du retrait des billets conflictuels par les éditeurs des sites où ils sont mis en ligne, reste la noyade.

En effet, la première démarche à observer pour résoudre cette question est d’adresser un droit de réponse à l’éditeur de la plateforme, du forum, du site d’où ont été postés les messages litigieux. Selon la loi qui s’applique à l’éditeur de la plateforme, un délai est requis sous lequel il lui est fait obligation de publier le droit de réponse de la personne mise en cause sur son site. En France, par exemple, la Loi pour la confiance dans l’économie numérique dispose en son Article 6 – Titre IV que l’éditeur du site dispose de trois (3) jours à compter de la réception du droit de réponse pour le publier. Ce que nous avons obtenu de l’éditeur du site.

Si nous évoquons la loi française, c’est parce que le site où ont été publiés les messages malveillants engageant notre ami est logé chez un hébergeur professionnel français. Dans ce cas, c’est la loi du pays où est hébergé le site qui prévaut.

Après la publication du droit de réponse, nous nous sommes retournés vers l’éditeur du site pour lui demander le retrait pur et simple des messages compromettants pour « notre » conseil juridique. Mais, à ce niveau, la loi française est moins contraignante pour lui vu la nature des termes employés par l’arnaqueur dans ces messages d’hameçonnage. L’éditeur du site a donc refusé d’accorder notre demande.

Nous nous sommes tournés vers Google, qui, bien que soumis aux lois américaines, accepte quelques fois de retirer des résultats de ses recherches si tant est que l’on arrive à lui prouver que ce résultat a un caractère vraiment nuisible. Il faut savoir qu’aux Etats-Unis, le droit de réponse, tel que pratiqué en France, n’existe pas (source Bruno DUCOULOMBIER in Observatoire de la Réputation). L’on ne peut donc pas s’en prévaloir pour mettre en cause un billet ou une plateforme.

A cette étape aussi, nous avons fait l’expérience de la subtilité dans la perception du mot « nuisible » pour les américains. Bref, Google n’a pas jugé les messages suffisamment « méchants » pour les retirer.

Il nous a donc fallu nous appuyer sur la noyade.

La technique de la noyade sur le Web

La noyade consiste à produire du contenu de qualité sur le Web à partir d’un mot-clé ou en rapport avec une ou plusieurs requêtes spécifiques afin de proposer à Google et aux autres moteurs de recherche des articles « positifs », pour repousser dans leurs résultats organiques un billet, un message moins bienveillant pour notre réputation numérique.

Google n’effaçant rien de ses index, cette pratique reste la plus pertinente pour se forger ou pour corriger une e-réputation valorisante.

Nous avons donc ouvert un blog pour « notre » conseil juridique, nous avons publié du contenu pro-référencement jugé pertinent par Google au point que tous nos nouveaux billets ont totalement repoussé et remplacé les messages d’hameçonnage qui apparaissaient dans les résultats naturels de Google.

Antoine BLAGNON est graphiste et professionnel de la communication. Éditeur de ce blog, il vous propose de partager des trucs et astuces pour communiquer efficacement via le Blog.